l’indicible du « Nante’s tryptich » de Bill Viola

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Nantes_Triptych_nagy

 

http://www.tate.org.uk/art/artworks/viola-nantes-triptych-t06854

le premier spectateur: C’est abominable, cet homme qui filme sa mère mourante!

Le second spectateur: C’est formidable c’est façon de parler de la vie et de la mort

Le troisième spectateur: Entre les mystères de la naissance et de la mort, l’instant présent est une insaisissable réminiscence

Le quatrième spectateur: …

Deleuze parle de Léo Ferré…

Deleuze, dans une conversation de juin 1991 avec Dominique Lacout, évoque son amour de Léo Ferré : « Se demander si « on aime » Untel ou Untel revient à s’interroger sur le plaisir qu’il nous procure. Avec Léo Ferré, il n’y a aucun doute possible : le plaisir est immense. D’abord un plaisir abstrait, cérébral. On est happé par le sens des mots. Puis une sensation plus physique qui est un effet du plaisir cérébral et qui parle au corps lui-même. Typiquement on appelle cela la jouissance. Et puis cet homme superbe à qui l’âge ne donne pas, comme on dit bêtement, une « éternelle jeunesse », mais une tonalité de liberté absolue, une grâce incomparable qui va bien au-delà de la vie et de la mort elles-mêmes. Léo Ferré a ce don extrême de dire des choses simples en révélant ses affects et ses expériences dont nous nous sentons les complices. C’est ce qu'[on] devrait montrer : ce complot d’affects, […] cette culture de la joie, cette dénonciation radicale des pouvoirs, ce glissement progressif vers un plaisir qui est le contraire de la mort. Ce que je peux exprimer bêtement par : j’aime Léo Ferré. Non parce qu’il est bête d’aimer Léo Ferré, mais parce que c’est dire bêtement une complicité qui peut mettre l’ordre en péril. Ferré est dangereux parce qu’il y a chez lui une violence (maîtrisée) qui s’appelle le courage de dire. Il perçoit partout, dans le monde, dans la vie individuelle, l’intolérable. C’est un homme de passion habité par la sérénité. C’est un plongeur de l’émotion qui utilise les mots comme des grains de sable dansant dans la poussière du visible. » (Dominique Lacout, Léo Ferré, Éditions Sévigny, 1991, p. 321-322)

Deleuze et l’idiot

 Faire l’idiot ça a toujours été une fonction de la philosophie….C’est l’idée que le philosophe c’est celui qui ne dispose d’aucun savoir et qui n’a qu’une faculté, la raison naturelle. L’idiot c’est l’homme de la raison naturelle. Il n’a rien qu’une espèce de raison naturelle, de lumière naturelle. Voyez par opposition à la lumière du savoir et aussi par opposition à la lumière revélée.

Gilles deleuze